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L'Aquitaine cultive la biodiversité La Biodiversité a été reconnu internationalement lors du Sommet de la Terre organisé à Rio de Janeiro en 1992 et a abouti à l’adoption d’une Convention de la diversité biologique, ratifiée par 175 pays, qui est rentré en vigueur en 1993. ![]() La Biodiversité : Un Enjeu Mondial L’enjeu de Cette convention stipule bien la variabilité des organismes (espèces, gènes, écosystèmes, paysages) de toute origine (terrestre, marine ou aquatique). Mais également l’importance de sa conservation, de son utilisation de façon durable et du partage juste et équitable des avantages tirés de son exploitation. Elle reconnaît également les savoirs locaux dans la biodiversité et dans sa conservation. A quoi ça sert ?
Autre exemple : sur les 106 hétérozygotes de courgettes inscrites au catalogue 2004, 88 (soit 86%) sont la propriété de 3 multinationales. Ce sont pour toutes les espèces la même chose. Céréales, fourrages, légumes, arbres fruitiers, vignes … on assiste à une extraordinaire érosion de la diversité des plantes cultivées. Le monopole des semenciers Aujourd’hui, pour échanger ou commercialiser des semences et plants, il faut que les variétés soient inscrites au catalogue officiel des espèces et variétés. Seuls quelques grands groupes semenciers contrôlent actuellement ce marché car le processus d’homologation des semences et plants est long et a un coût réel. Ce système impose aux sociétés d’adopter un type de commercialisation des semences et plants particulier pour rester économiquement viable : ne produire que en grande quantité des matières premières homogènes. Cela a conduit à imposer aux agriculteurs petit à petit à utiliser un nombre d’espèces restreint, sur des grandes surfaces et dans tous les terroirs, sans se soucier de leurs caractéristiques, puisque des techniques modernes (engrais, irrigation …) sont là pour y remédier. Cela a conduit au fils des années, à éroder considérablement la biodiversité de notre environnement. « Seules les semences paysannes échappent pour le moment à l’uniformisation et au monopole des groupes semenciers. » Mots de paysans : « C’est maîtriser le travail de paysan du début à la fin, je ne me pose pas de questions. C’est le rôle du paysan, C’est le métier » Aujourd’hui un céréalier achète ses semences environ toutes les 2 ou 3 campagnes. Concernant les autres variétés (maïs, fourrages, arbres fruitiers …) tout provient de coopératives, de semenciers ou de pépiniéristes. Ce ne sont aujourd’hui qu’une poignée d’agriculteurs qui font un véritable travail de sélection chez eux ce qui leur permet un travail totalement autonome de toutes entreprises ou firmes du monde agricole.
Le monde industriel a provoqué une diminution de la biodiversité mondiale. Nous sommes arrivés à une époque où ce ne sont plus les variétés qui sont adaptées à un milieu, mais bien l’inverse. Les variétés modernes sont cultivées sans se soucier du l’endroit et des caractéristiques de ce dernier. C’est donc le monde moderne (engrais, pesticides, irrigation …) qui permet à ces variétés de résister au milieux et aux intempéries. Depuis l’arrivée des semenciers, la sélection variétale se fait donc dans ce sens : quelles vont être les variétés qui vont le mieux fonctionner dans tous les milieux, grâce aux maîtrises modernes ? De plus en plus d’agriculteurs partent donc de l’objectif inverse : quelles variétés utiliser vue le terroir que je possède ? L’inventaire des semences proposées par les semenciers, même dans le milieu biologique, n’étant pas assez important, ces derniers se sont donnés la chance de trouver les variétés qui leur convenaient et qui sauraient s’adapter aux changements de leurs milieux en produisant eux mêmes les semences adaptées. Produire sa propre semence c’est trouver les variétés les mieux adaptées aux caractéristiques de son propre terroir. En effet, les semences et les plants fabriqué sont peu stables et peu homogènes (contrairement aux hybrides et autres clones) de manière à conserver, à côté de quelques caractères fixés, un maximum de variabilité qui leur permet de s’adapter en permanence à des conditions naturelles changeantes ou à profiter au mieux des interactions bénéfiques avec d’autres plantes. Mais c’est également adapter ses productions à la demande des consommateurs qui évolue de plus en plus vers des notions de « plus de goût » et de « qualité », ainsi que « d’alimentation seine pour le corps et pour l’environnement ». par Philippe POINTEREAU, Alliance Paysans-Ecologistes-Consommateurs « La biodiversité a été un des moteurs de cette évolution grâce à la diversification des cultures permises par des échanges planétaires et par la sélection opérée par des générations de paysans. Les rotations, les races et les variétés se sont diversifiées et adaptées à chaque terroir. On compte les variétés de fruitiers en milliers, de légumes et de céréales en centaines, de races animales en dizaines. Cette biodiversité florissante a été reprise par une agriculture de qualité comme les AOC ou l’agriculture biologique qui font des races et des terroirs, un de leurs fondements. L’agriculture chimique, qu’elle soit chimiquement raisonnée ou pas, a pris une autre voie, préférant s‘affranchir du sol et de la biodiversité qui y grouille, combattant les ravageurs mais éliminant leurs prédateurs avec, menaçant aujourd’hui les pollinisateurs. La biodiversité n’est pas un domaine externe, un sous-produit, de l’agriculture, comme certains voudraient le laisser croire; une chose à regarder, comme des géraniums à son balcon … » La Biodiversité : quels avantages pour les agriculteurs ? Les expériences de l’utilisation de variétés anciennes et traditionnelles par quelques agriculteurs dans le monde montre que des niveaux plus élevés de diversité agricole peuvent : · contribuer à une meilleure résistance aux maladies, · diversifier les produits et les possibilités de revenus et diminuer les risques pour les individus et les nations, · augmenter la productivité, la sécurité alimentaire et les résultats économiques, · réduire la dépendance liée aux intrants achetés, · fournir une meilleure alimentation aux hommes, · aider à optimiser l'utilisation effective des ressources et de l'environnement, · conserver la structure de l'écosystème, réduire la pression de l'agriculture sur l'environnement et aider à optimiser l'utilisation des ressources et de l'environnement, · Rendre les systèmes agricoles plus stables, robustes et durables et contribuer à une intensification durable. L'analyse du polymorphisme de différents marqueurs génétiques montre que la diversité dans l’ensemble des races domestiques est faible par rapport aux populations sauvages dont elles sont issues. L’étude des caractéristiques zootechniques, en comparaison avec une souche de lapin témoin, montre qu’il existe une forte variabilité du potentiel de croissance, de la carcasse et de qualité de la viande. Les performances de reproduction sont faibles pour quasiment toutes les races. Certaines ont des caractéristiques originales qui pourraient présenter un intérêt économique, notamment en ce qui concerne la croissance et la composition corporelle. La pomme de terre du Parc Naturel de Queyras Dans tout le Queyras, était cultivée une pomme de terre à épiderme jaune et une pomme de terre rouge, de grosse taille. Il y a bien longtemps, on cultivait aussi une pomme de terre bleue ou violette de très grosse taille et à la saveur excellente, dont aucune trace n’a été retrouvée. Cette culture dispose dans le Queyras d'un certain nombre d'atouts dont une terre légère et la présence réduite de parasites grâce à l'altitude. De plus, elle arrive sur le marché en fin de saison (pommes de terre "nouvelles" en août). Pour tirer le meilleur parti de conditions naturelles souvent rudes, les producteurs recherchent des variétés précoces, dont la vitesse de croissance autorise une plantation tardive. C’est dans les variétés anciennes que ces derniers trouvent celles les mieux adaptées à leur milieu si particulier. Dans un contexte de déprise rurale, le Parc naturel régional s'est engagé à maintenir et encourager l'agriculture sur son territoire en développant une stratégie d'appui à la diversification par les productions végétales, avec l’aide des agriculteurs et restaurateurs. Ceci a mené à la mise en place de la "marque Produit du Parc" sur les pommes de terre produites sur son territoire. « La semence sélectionnée représente entre 3 et 5 fois le prix de la céréale autoproduite. Il faut acheter le blé au prix du panifiable ! » Des moutons aux caractéristiques intéressantes pour la transformation Les deux anciennes races de moutons (Soay et Old Norwegian) produisent une viande dont on reconnaît actuellement l'excellente qualité. À la différence de la viande produite par d'autres espèces, le gras est situé dans la région du rein et autour des intestins. Comme le goût est lié au gras et que la viande de ces races contient très peu de gras, son goût rappelle plus celui du chevreuil et du renne que celui du mouton. La laine produite par ces deux espèces est également de grande qualité. La production est orientée vers l'écologie, étant donné que ces animaux paissent habituellement à l'extérieur, sur les terres, sans excédent de fertilisant et qu'ils reçoivent normalement très peu de complément alimentaire, si toutefois ils en reçoivent. Mots de paysans : « La sélection des fourragères a été abandonnée et il n’y a pas beaucoup d’offre d’espèces et variétés. Ce sont pourtant des plantes très importantes car on a besoin de donner à nos bêtes une alimentation diversifiée » |