Le problème du frelon asiatique

Face aux ravages du frelon asiatique, des méthodes existent pour limiter sa pression sur le milieu n

Face aux ravages causés par le frelon asiatique en Lot-et-Garonne, l'association Au Fil des Séounes a décidé de se positionner comme responsable piégeur et d'associer les populations de l'Agenais

 

 

Vespa Velutina: Le frelon Asiatique - Comment agir ?

 

Qu'est ce que le frelon asiatique? Petite piqûre de rappel...

Cela fait seulement deux ans que le frelon asiatique est présent sur le territoire aquitain, mais les ravages sont déjà très importants. Depuis son arrivée en 2005, dans des containeurs de poteries chinoises à Tonneins, dans le Lot-et-Garonne, des abeilles sont mortes par milliers. Les conséquences sont aussi bien économiques qu'écologiques. Le développement de l'espèce a été si rapide qu'on la trouve désormais sur un territoire s'étendant de La Rochelle à Montpellier. Il est donc urgent de réagir. La population grandit un peu plus chaque année. Rien qu'en Dordogne, on dénombre 400 signalements attestant la présence du frelon asiatique (Vespa velutina)

photos en pièces jointes : www.inpn.mnhn.fr

extrait de l'article de Nicolas César paru le 04/10/07 sur www.aqui.fr

Comment Agir ?

 

Il faut savoir qu'il est aujourd'hui impossible d'éliminer totalement cette nouvelle espèce de frelon. Il faut apprendre à vivre avec. Cependant, il est possible de réduire sa pression dans le milieu naturel grâce à deux types d'actions explique Jacques Blot.

La première technique consiste en un piégeage des fondatrices de nids au printemps. En effet, les nids qui sont visibles aujourd'hui dans les arbres sont morts, les fondatrices au mois d'octobre- novembre hivernent à proximité des nids mères, les nids visibles en hivers. Elles se cachent dans un rayon de 500 m dans les greniers, les tas de bois, de pierres, de tuiles, les arbres creux... Il est donc très difficile de les dénicher à cette période de l'année.

Au printemps, les fondatrices se réveillent et partent à la recherche de localisation pour fonder de nouveaux nids. Pour cela, elles suivent les cours d'eau et ont un besoin énergétique énorme pour pouvoir se déplacer. Or, à cette période de l'année il est difficile de trouver le sucre nécessaire à ces nombreux déplacements. C'est là qu'intervient la technique de piégeage qui consiste à appâter la fondatrice, à la prendre au piège et à la tuer. Pour que cette technique ait un maximum d'efficacité, il faut qu'elle soit réalisée de mi février jusqu'à la fin du mois d'Avril. C'est en effet la période durant laquelle les fondatrices sont les plus vulnérables et n'ont pas encore créées de nid.

Cette technique est mise en place avec des pièges sélectifs au niveau de la taille des insectes et des appâts. Elle permet de lutter en faveur de la protection de la biodiversité.

Cette action n'est réellement efficace que si elle est réalisée à l'échelle d'une région, voir des six régions concernées : Aquitaine, Midi-Pyrénées, Poitou-Charente, Limousin, Auvergne, Languedoc-Rousillon, bientôt la région Centre et le Nord de l'Espagne. Le chantier est de taille mais le frelon asiatique ne cesse de coloniser nos campagnes. Il est donc urgent d'agir pour sauvegarder nos insectes pollinisateurs.

Le programme de piégeage est fondé sur un réseau de piégeurs volontaires :

·         Au niveau des communautés de communes, un responsable piégeur volontaire, formé par l'ADAAQ (Association de Développement des Apiculteurs en Aquitaine), est chargé de recruter et de coordonner les piégeurs volontaires.

·         Ces piégeurs volontaires sont responsables d'une dizaine de pièges chacun, qu'ils doivent visiter aussi souvent que possible. (temps estimé : moins d'une heure par jour et par piégeur).

·         Les pièges utilisés sont simples à réaliser, peu coûteux et efficaces. Ils sont disposés dans des conditions précises exposées au responsable piégeur lors de sa formation par l'ADAAQ afin de réaliser une surveillance écologique importante.

Les piégeurs doivent prélever le contenu des pièges régulièrement, les mettre au congélateur et les donner au responsable piégeur. Ce dernier envoie les échantillons à la DSV (Direction des Services Vétérinaires) qui est chargée de centraliser tous les échantillons du département. Ces échantillons sont ensuite analysés par Jacques Blot, chercheur et écologue missionné par l 'ADAAQ. Les résultats permettront d'enrichir les connaissances en terme de dynamique de capture et d'améliorer les périodes et les stratégies de captures pour les années à venir.

La seconde technique consiste en la destruction systématique des nids en activité observés. En effet 40 % des nids sont présents dans le bâti : grange, grenier, maison, auvent... 60 % sont présents dans les arbres. Or seulement 20 % de ces derniers sont généralement trouvés avant le mois d'aout, les autres sont observés à l'automne après la tombée des feuilles, donc après l'hivernage des fondatrices. Pour avoir une action efficace, il faut pouvoir agir avant le mois d'aout, à la nuit ou à la tombée de la nuit lorsque tous les frelons sont dans le nid. Si une action de destruction est menée la journée, elle aura l'effet inverse, une sorte de « bouturrage » du nid. En effet, la fondatrice du nid produit durant le printemps des frelons qui, en cas de destruction du nid, vont se mettre à pondre et donc devenir à leur tour fondatrices. La destruction partielle d'une colonie peut avoir un effet stimulant et engendrer la création de 2 à 3 autres nids ...

Les techniques de destruction se font soit à distance : à l'aide d'un mât, on injecte un insecticide dans le nid à partir du sol; soit par accès direct au nid, mais cette technique est plus risquée. En effet, les piqûres de frelons asiatiques transpercent les équipements les plus adaptés (équipements de pompier). Enfin, il est indispensable de prélever le nid dans les 48h qui suivent l'injection de l'insecticide de manière à éviter que les oiseaux amenés à manger les larves ne soient pas contaminés par le produit.

En Dordogne une action va être mise en place dès février, mais en Lot-et-Garonne aucune action n'est menée à l'échelle du département, pourtant très touché. La communauté des communes du Villeneuvois veut réagir mais se retouve isolée, or une action pilote n'a pas vraiment d'incidence, c'est l'ensemble des communautés des communes qui doit agir pour préserver le patrimoine naturel et limiter l'invasion de cet insecte.

L'association Au fil des Séounes souhaite travailler sur ce sujet en se positionnant comme responsable piégeur et en impliquant les citoyens de l'Agenais. Si vous souhaitez participer à cette action de piégeage des fondatrices, contactez l'association Au fil des Séounes dès maintenant au 05-53-95-12-99 ou par courriel à info@les2seounes.com

Si vous souhaitez avoir plus d'informations sur le frelon asiatique, ses incidences économiques et environnementales, consultez le site http://velutina.terralias.com

Source: Marie-Laure Cambus, Association Au fil des Séounes, d'après les propos de Jacques Blot.

Photo de la première page : Vespa velutina : premier exemplaire référencé de France collecté lieu-dit Le Long-de-Haut, Nérac (47) par Jean Pierre Bouguet.
(photo de Jean Haxaire).

Source :  http://www.beekeeping.com/sante-de-labeille/articles/vespa_velutina.htm