Pesticides : nous sommes cernés !

Impacts des pesticides sur la santé humaine

Les pesticides sont utilisés quotidiennement pour traiter les aliments que l'on consomment. S'ils ont des effets connus sur l'environnement, leurs impacts sur la santé humaine sont trop peu connus du grand public...

  " Toute personne a le devoir de prendre part à la préservation et à l'amélioration de l'environnement "

Charte de l'environnement

 

"L'exposition aux pesticides pourrait être la cause de l'augmentation de risques de cancers (en particulier des lymphomes non hodgkiniens), de troubles de la reproduction et des effets endrocriniens adverses ( en particulier infertilité masculine et malformations congénitales de l'appareil génital masculin), ainsi que de troubles neurologiques."

Issu du rapport de la commission d'orientation du Plan National Santé Environnement ( PNSE), remis au Grouvernement le 12 février 2004.

 

Définition des pesticides :

Les produits phytosanitaires, aussi appelés produits phytopharmaceutiques ou plus couramment pesticides, sont généralement des :

       - herbicides ( contre les 'mauvaises herbes')

      - insecticides ( contre les insectes)

      - fongicides ( contre les champignons).

Plus spécifiquement, ce terme regroupe aussi les acaricides (contre les acariens), les molluscicides (contre les limaces), les nématicides (contre les nématodes) et les rodenticides (contre les rongeurs). Ce sont des produits chimiques destinés à détruire ou à empêcher l'"ennemi" de la culture de s'installer.

Ils sont composés de deux types de substances :

      - une ou plusieurs matières actives qui confèrent au produit l'effet poison désiré, elles sont recherchées lors des analyses.   

      - un ou plusieurs additifs qui renforcent l'efficacité et la sécurité du produit. Ce sont par exemple des répulsifs, des vomitifs, des épaississants, des anti-moussants, des solvants...

En 2004, la France est le 1er consommateur européen de pesticides et le 3eme mondial, derrière les Etats-Unis et le Brésil, avec environ 76 105 tonnes de matières actives utilisées. L'agriculture emploie 90% de ces produits, les espaces verts et les particuliers se partagent les 10% restants.

 Résidus de pesticides dans le vin :

"L'étude réalisée par PAN-Europe et le MDRGF montre que l'utilisation très intensive de pesticides en viticulture ( 20% des pesticides utilisés sur 3% de la surface agricole) a comme conséquence la présence systématique de nombreux résidus dans les vins. Il est grand temps, conformément aux décisions du Grenelle, que la viticulture réduise sa consommation de pesticides pour réduire l'exposition des consommateurs en privilégiant les techniques alternatives aux pesticides. Ce sont ces systèmes alternatifs dont le MDRGF fait la promotion lors de la 3eme semaine sans pesticides (...)" Déclare F. Veillerette, Président du MDRGF et administrateur du réseau PAN-Europe.

 L'étude coordonnée par PAN Europe, et soutenue par le MDRGF pour la FRance, Global 2000 pour l'Autriche et Green Peace Allemagne a consistée en l'analyse de 40 bouteilles de vin rouge en provenance de France, d'Autriche, d'Allemagne, d'Italie, du Portugal, d'Afrique du sud, d'Australie et du Chili. 34 étaient issues de l'agriculture intensive, 6 de l'Agriculture Biologique.

(...) Il faut en outre préciser que les niveaux de contamination observés dans le vin sont considérablement plus élevés que les niveaux tolérés pour les pesticides dans l'eau puisqu'on a trouvé dans certains vins testés des quantités jusqu'à 5800 fois supérieures aux Concentrations Maximales Admissibles (CMA) autorisées par pesticides dans l'eau du robinet !

Ces nombreux résidus témoignent d'une utilisation très intensive de pesticides en viticulture. Parmi ces résidus trouvés, de nombreuses molécules sont des cancérigènes possibles ou probables, des toxiques du développement ou de la reproduction, des perturbateurs endocriniens ou encore des neurotoxiques.

Les vins biologiques analysés ne renferment pas de résidus de pesticides à l'exeption d'un échantillon de Bourgogne dans lequel on a trouvé des quantités faibles d'un produit. Cette présence est expliquée par les dérives des pulvérisations en provenance des parcelles voisines. Cette contamination des viticulteurs biologiques, quoique rare et à de faibles quantités, est totalement inacceptable.

Source : www.mdrgf.org

 A vous de juger :

Une étude portant sur huit cent couples tentant une fécondation in-vitro a montré que les hommes modérément ou fortement exposés aux pesticides de par leur profession avaient des taux de fertilisation diminués de manière significative comparés aux hommes non exposés aux pesticides.

Aux USA, dans l'Iowa, le taux de malformations à la naissance était de deux à trois fois plus élevés dans les communes présentant des taux élevés d'atrazine dans l'eau de consommation que dans les autres. Il ya avait plus de trois fois plus de malformations cardiaques et presque sept fois plus de malformation des membres.

Le risque est accru d'avoir un enfant mort-né pour les femmes exposées aux pesticides à la maison (+ 70%) ou dans le cadre de leur travail (+240%)

Source : www.mdrgf.org

Trucs et astuces du jardinier bio :

  • Bien réfléchir à la dimension esthétique des "mauvaises herbes", est-il réellement nécessaire de les éliminer?
  • Pour éliminer l'herbe autour des arbres, sur un chemin... garder l'eau de cuisson bouillante de vos pates, pommes de terre... et ébouillantez les mauvaises herbes.
  • Passer la débrousailleuse en biais, de manière à couper les plants au raz du sol.
  • Mettre un film plastique entre les graviers et le sol de manière à éviter la pousse des mauvaises herbes dans les allées.
  • Mettre un paillage végétal : paillage de feuilles de chêne et de saule, paillage de tonte ( éviter les tontes trop riches en graines, faire sécher pendant un ou deux jours au soleil), paillage de paille
  • Mettre en place des plantes couvre-sol : elles repésentent une bonne alternative au desherbage chimique. Leur mise en place limite la pousse des mauvaises herbes par asphyxie et réduit l'évapotranspiration du sol ( moins d'arrosage). Elles ont également un aspect esthétique non négligeable, on peut les installer dans les massifs, en bordure de haies, au pied des arbres, des rosiers, sous les arbustes caducs. Elles sont choisies pour leur performance à couvrir le sol et à s'étendre peu à peu (sans pour autant être envahissantes), mais aussi pour leur résistance à l'ombre, à la sécheresse et au gel, et pour leur résistance à la concurrence racinaire. 
Sauge officinale Geranium endresii Cératostigma

 Trucs et astuces pour les collectivités :

EVITER TOUT TRAITEMENT SUR LES BORDS DE ROUTE, LES FOSSES ET LES ZONES IMPERMEABILISEES OU LES ECOULEMENTS D'HERBICIDES ONT UN IMPACT PARTICULIEREMENT FORT SUR LA QUALITE DE L'EAU.

  • Mettre en place une gestion différenciée des bords de routes et des espaces verts.
    • "La gestion différenciée, c'est ramener la nature en ville et dans les quartiers, participer à son développement et à sa préservation. Elle favorise le développement d'une biodiversité faunistique et floristique, le rétablissement des équilibres biologiques et la protection de la biodiversité." ( source : ville de Cholet, la gestion différenciée, 2006, 2p.)
  • Mettre en place un plan de gestion désherbage :
    • "Le plan de désherbage communal s'inscrit pleinement dans la démarche de gestion différenciée, c'est à dire qu'il intègre la composante environnementale dans la gestion des espaces urbanisés, l'idée étant de travailler avec la nature, quand cela reste possible, plutot que contre elle." (source : Missions gestion différenciée  de la ville de Lille)
  • Utiliser un désherbant thermique à la vapeur, à la flamme ou à l'eau chaude qui consiste à réaliser un choc thermique sur la plante entrainant ainsi la dénaturation de ses protéines et l'éclatement de ses cellules.
  • Utiliser un desherbage mécanique
  • Mettre en place un paillage végétal
  • Mettre en place des plantes couvre-sol

 

Dossier issu du Maillon n° 16, réalisé par Au fil des Séounes en aout 2008